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Copropriété en difficulté : intervention d'un administrateur provisoire

VĂ©rifiĂ© le 28/04/2026 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

Votre copropriété rencontre de graves difficultés financières ou le syndicat des copropriétaires ne parvient plus à assurer la conservation de l'immeuble ? Un administrateur provisoire peut être désigné par un juge pour prendre les mesures nécessaires au rétablissement du fonctionnement normal de votre copropriété. Nous faisons le point sur la réglementation.

Une copropriété est dite « en difficulté » lorsqu’elle se trouve dans l'une des situations suivantes :

  • L'Ă©quilibre financier du syndicat des copropriĂ©taires est gravement compromis. Cela signifie que la situation financière ne permet plus d’assurer normalement les dĂ©penses courantes de l’immeuble. Par exemple, tel est le cas lorsque les comptes du syndicat prĂ©sentent un dĂ©ficit important (de plusieurs milliers d’euros), que des factures restent impayĂ©es sur une pĂ©riode prolongĂ©e, et que certains prestataires essentiels, comme l’entreprise chargĂ©e de l’entretien de l’ascenseur, suspendent leurs interventions ou leurs garanties en raison de ces impayĂ©s.
  • Ou le syndicat des copropriĂ©taires est dans l'impossibilitĂ© de maintenir l'immeuble dans un bon Ă©tat gĂ©nĂ©ral. C’est le cas d’une absence de rĂ©alisation des travaux d’entretien ou de maintenance conduisant Ă  la dĂ©gradation de l’immeuble (par exemple, infiltrations d’eau dans les parties communes jamais traitĂ©es ayant entraĂ®nĂ© une infestation de mĂ©rule prĂ©sentant un risque pour la structure du bâtiment).

Dans ce cas, le recours à un administrateur provisoire est nécessaire.

L’administrateur provisoire est obligatoirement désigné par un juge. Il est présenté ci-dessous les étapes de la procédure qui commence par la saisine du tribunal judiciaire et se termine par la décision du juge.

Le président du tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble est le seul juge compétent pour désigner un administrateur provisoire.

Le juge peut être saisi par :

  • Des copropriĂ©taires reprĂ©sentant ensemble 15 % au moins des voix du syndicat des copropriĂ©taires
  • Le syndic
  • Le maire du lieu de situation de l'immeuble
  • Le prĂ©sident de l'Ă©tablissement public de coopĂ©ration intercommunale (EPCI) compĂ©tent en matière d'habitat
  • Le reprĂ©sentant de l'État dans le dĂ©partement (prĂ©fet)
  • Le procureur de la RĂ©publique
  • Le mandataire ad hoc dĂ©signĂ© dans le cadre de la procĂ©dure de prĂ©vention des difficultĂ©s du syndicat des copropriĂ©taires.

Lorsque la demande est à l’initiative du syndic ou du procureur de la République, le juge est saisi par une requête. Elle doit être accompagnée des documents de nature à justifier la demande, notamment les éléments comptables.

Elle est présentée au juge après consultation du conseil syndical.

Le syndic n’a pas besoin d’une autorisation de l’assemblée générale pour introduire cette requête devant le juge.

Dans les autres cas, le président du tribunal judiciaire est saisi par une assignation délivrée au syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic. Cet acte doit détailler les motifs (raisons) de la demande en fait (exposé de la situation) et en droit (textes de lois). Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat pour cette procédure.

âš  Attention

Quelle que soit l’origine de la demande, toute demande de désignation d’un administrateur provisoire du syndicat doit être communiquée au procureur de la République.

Le juge commence par vérifier que la demande est recevable. Cela signifie qu’il s’assure que la personne à l’origine de la démarche a bien le droit d’agir et que la procédure a été engagée selon les formes prévues (par requête ou par assignation).

Il examine ensuite le bien-fondé de la demande. Concrètement, il vérifie si la copropriété rencontre réellement des difficultés suffisamment importantes pour justifier la désignation d’un administrateur provisoire.

Avant de rendre sa décision, le juge peut également entendre toute personne qu’il estime utile (par exemple des copropriétaires, le syndic en place ou d’autres intervenants), afin de mieux comprendre la situation.

Lorsqu’il fait droit à la demande de désignation d’un administrateur provisoire, la décision du juge doit :

  • Constater les faits qui justifient les difficultĂ©s rencontrĂ©es par la copropriĂ©tĂ©
  • DĂ©signer un administrateur provisoire. L’administrateur provisoire peut ĂŞtre un administrateur judiciaire, une personne physique (un particulier), une personne morale justifiant d'une expĂ©rience ou d'une qualification particulière ou le mandataire ad hoc s'il a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© dans le cadre des mesures prĂ©ventives. Le syndic en place ne peut pas ĂŞtre dĂ©signĂ© au titre d'administrateur provisoire de la copropriĂ©tĂ©. En effet, l’administrateur provisoire doit ĂŞtre indĂ©pendant du syndic, du syndicat des copropriĂ©taire et des crĂ©anciers (pas de lien financier, de conseil, de subordination et aucun intĂ©rĂŞt dans le mandat confiĂ©).
  • Fixer la durĂ©e de la mission de l’administrateur provisoire, qui ne peut pas ĂŞtre infĂ©rieure Ă  12 mois (1 an)
  • DĂ©finir l’étendue de la mission de l’administrateur provisoire. Le juge prĂ©cise les pouvoirs du syndic et du conseil syndical qui sont transfĂ©rĂ©s Ă  l’administrateur provisoire. Il peut Ă©galement lui confier tout ou partie des pouvoirs de l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des copropriĂ©taires.
  • DĂ©terminer la rĂ©munĂ©ration de l'administrateur provisoire. Celle-ci est forfaitaire et varie selon le nombre de lots dans la copropriĂ©tĂ©. Toutefois, lorsque la copropriĂ©tĂ© comporte 500 lots ou plus, la rĂ©munĂ©ration est fixĂ©e par le juge en fonction des frais engagĂ©s et des missions accomplies.

À l’inverse, si le juge estime que les conditions ne sont pas réunies, il peut rejeter la demande par une décision motivée, considérant notamment que les difficultés invoquées ne sont pas suffisamment caractérisées ou ne justifient pas la mise en place d’une administration provisoire.

L'ordonnance est portée à la connaissance des copropriétaires dans le mois qui suit son prononcé. L’administrateur provisoire doit, en effet, les informer par remise contre émargement, lettre recommandée avec avis de réception ou par courrier électronique. Il doit joindre la copie de l'ordonnance qui l'a désigné. Une copie de l'ordonnance de désignation est également adressée par le greffe du tribunal judiciaire au procureur de la République, au préfet, au maire de la commune et au président de l'EPCI.

Le président du tribunal judiciaire peut à tout moment, modifier la mission de l'administrateur provisoire, la prolonger ou y mettre fin à la demande de l'administrateur provisoire.

L'administrateur provisoire est chargé de prendre les mesures nécessaires pour rétablir le fonctionnement normal de la copropriété.

Un administrateur provisoire peut également être désigné pour liquider les dettes du syndicat des copropriétaires en cas d'expropriation ou dissolution du syndicat.

Pour atteindre cet objectif, le juge lui confie :

  • Tous les pouvoirs du syndic, dont le mandat cesse sans indemnitĂ©. L’administrateur provisoire va, par exemple, gĂ©rer les comptes et les fonds du syndicat des copropriĂ©taire, faire exĂ©cuter les dĂ©cisions prises dans le cadre de sa mission, reprĂ©senter la copropriĂ©tĂ© en justice et dans tous les actes de la vie civile ou poursuivre le recouvrement des impayĂ©s.
  • Tout ou partie des pouvoirs de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, Ă  l’exception de ceux qui permettent l’acquisition ou l’aliĂ©nation immobilière et la modification ou l’établissement du règlement de copropriĂ©tĂ©
  • Tout ou partie des pouvoirs du conseil syndical.

Le conseil syndical et l'assemblée générale des copropriétaires continuent à exercer les pouvoirs qui ne sont pas compris dans la mission de l'administrateur provisoire.

💡 À noter

Sauf urgence, lorsqu’il est investi des pouvoirs de l’assemblée générale, l’administrateur doit recueillir l’avis du conseil syndical avant toute décision. De même, il peut convoquer les copropriétaires pour les informer et les entendre.

Le rôle de l’administrateur provisoire consiste ainsi principalement à :

  • Assainir la situation financière de l’immeuble (rattrapage des impayĂ©s, nĂ©gociation avec les crĂ©anciers, rĂ©organisation de la trĂ©sorerie)
  • Faire rĂ©aliser les travaux nĂ©cessaires Ă  la conservation de l’immeuble et Ă  la sĂ©curitĂ© (travaux urgents, travaux imposĂ©s, etc.)
  • Rechercher des moyens de financements (emprunts, appels de fonds spĂ©cifiques, mobilisation du fonds de travaux, subventions, etc.) pour rĂ©tablir le fonctionnement de l’immeuble.

En principe, l’administrateur provisoire exécute personnellement la mission qui lui est confiée. Toutefois, il peut demander au président du tribunal judiciaire de désigner un tiers pour l’assister, lorsque la mission requiert une technicité particulière. De même, il peut demander à se faire assister dans ses fonctions par un syndic d’intérêt collectif.

Dès qu'il prend une décision concernant la copropriété, l'administrateur provisoire doit la mentionner sur le registre des procès-verbaux d'assemblée générale. Il doit également adresser une copie de la ou les décisions à chaque copropriétaire, avec si besoin l’appel de fonds correspondant.

L’administrateur provisoire agit sous le contrôle du président du tribunal judiciaire.

L’administrateur provisoire rend ainsi compte, par écrit, de sa mission au juge, à sa demande et au moins 1 fois par an. Il s’agit d’un rapport de mission.

âš  Attention

Si aucun rapport n'a déjà été établi par un mandataire ad hoc dans le cadre d'une procédure préventive au cours de l'année précédente, l'administrateur provisoire rend, au plus tard à la fin des 6 premiers mois de sa mission, un rapport intermédiaire présentant les mesures à adopter pour redresser la situation financière du syndicat des copropriétaires.

L'administrateur provisoire doit déposer son rapport au greffe du tribunal judiciaire. Celui-ci envoie alors une copie au procureur de la République, au syndic de copropriété, au président du conseil syndical lorsqu'il y en a un ou, en son absence, à chacun des membres du conseil syndical.

Si le préfet, le maire de la commune, le président de l'EPCI en font la demande, le greffe du tribunal doit également leur adresser une copie du rapport de l'administrateur provisoire.

Toutes ces personnes peuvent formuler leurs observations dans un délai de 2 mois maximum après la réception de la copie du rapport. Ces observations doivent être transmises au greffe du tribunal judiciaire qui les communique au juge et à l'administrateur provisoire.

De même, le syndic doit informer chaque copropriétaire de la possibilité de consulter le rapport de mission, à son bureau ou tout autre lieu fixé par l'assemblée générale, pendant les heures ouvrables dans le mois qui suit la remise du rapport. Un extrait du rapport peut être joint au courrier. Une copie du rapport peut être remise à tout copropriétaire qui en fait la demande et à ses frais, y compris par voie dématérialisée.

La désignation de l'administrateur provisoire entraîne, notamment, les conséquences suivantes :

  • Cessation immĂ©diate du contrat de syndic
  • Transfert de tous les pouvoirs du syndic Ă  l’administrateur provisoire
  • Transfert de tout ou partie des pouvoirs de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale et du conseil syndical Ă  l’administrateur provisoire
  • Transmission par le syndic de tous les documents du syndicat des copropriĂ©taires
  • Suspension de l'exigibilitĂ© des crĂ©ances antĂ©rieures (hors crĂ©ances publiques ou sociales) pour une pĂ©riode de 12 mois (ou jusqu'Ă  30 mois sur demande de l'administrateur provisoire)
  • Interruption ou interdiction des actions en justice de la part de tous les crĂ©anciers visant Ă  la condamnation du syndicat dĂ©biteur au paiement d'une somme d'argent ou la rĂ©solution d'un contrat pour non paiement d'une somme d'argent
  • ArrĂŞt ou interdiction des procĂ©dures de saisie n'ayant pas produit un effet attributif avant la dĂ©signation de l'administrateur provisoire
  • Suspension des clauses contractuelles prĂ©voyant des majorations ou pĂ©nalitĂ©s de retard et une rĂ©solution (fin) automatique du contrat
  • Suspension des remboursements d'un emprunt collectif.

Lorsque le syndicat des copropriétaires est placé sous administration provisoire, le traitement des dettes devient collectif et s’organise en 2 étapes, à savoir :

  • Les dĂ©clarations de crĂ©ances de tous les crĂ©anciers du syndicat
  • Un plan d’apurement des dettes rĂ©alisĂ© par l’administrateur provisoire et homologuĂ© par le juge.

Délai pour déclarer sa créance

Dans un délai de 2 mois à partir de sa désignation, l'administrateur provisoire doit informer les créanciers du syndicat des copropriétaires de sa nomination.

Pour cela, il publie un avis au Bodacc ainsi que dans un journal d’annoncées légales du département du lieu de situation de l’immeuble.

Il doit également prévenir, par tous moyens, les créanciers du syndicat des copropriétaires dont l’identité est connue, afin de leur permettre de transmettre les éléments nécessaires à l'évaluation du montant de leurs créances.

Les créanciers ont 3 mois pour déclarer leurs créances à partir de la désignation de l'administrateur.

âš  Attention

Les créances déclarées hors délai sont exclues de la procédure. Elles ne sont donc pas opposables à celle-ci. Ces créances peuvent néanmoins être prises en compte si le créancier justifie que l’absence de déclaration ne lui est pas imputable.

Forme de la déclaration de créances

La déclaration de créance est faite auprès de l'administrateur provisoire par lettre recommandée avec accusé de réception.

Elle doit contenir les informations suivantes :

  • IdentitĂ© du crĂ©ancier et coordonnĂ©es de la personne qui le reprĂ©sente
  • Montant de la crĂ©ance due au jour de la dĂ©cision de dĂ©signation de l'administrateur provisoire
  • Montant des sommes Ă  devoir postĂ©rieurement Ă  la dĂ©cision de dĂ©signation de l'administrateur provisoire et leur date d’échĂ©ance
  • ÉlĂ©ments prouvant l’existence et le montant de la crĂ©ance
  • Mode de calcul des intĂ©rĂŞts
  • Nature de la garantie (privilège ou sĂ»retĂ©) dont la crĂ©ance est Ă©ventuellement assortie
  • Juridiction saisie si la crĂ©ance fait l'objet d'un litige.

Les documents justificatifs doivent être joints à la déclaration de créance.

Les créances concernant un contrat de travail n'ont pas à être déclarées (arriérés de salaire du gardien par exemple).

Liste des créances

L'administrateur provisoire vérifie les créances déclarées et établit la liste de ces créances.

Si tout ou partie d’une créance est contestée, l’administrateur provisoire en informe le créancier concerné. Il l’invite alors à présenter ses observations et à fournir les explications nécessaires. Le créancier a alors 30 jours pour y répondre. Passé ce délai, plus aucune contestation n’est possible.

L’administrateur provisoire dépose la liste des créances au greffe du tribunal judiciaire. Le greffier fait publier au Bodacc un avis pour signaler ce dépôt.

Dans le même temps, il informe :

  • Par lettre simple, les crĂ©anciers dont la crĂ©ance est admise en prĂ©cisant le montant retenu
  • Par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception, les crĂ©anciers dont la crĂ©ance a Ă©tĂ© rejetĂ©e.

Les créanciers ont 2 mois à partir de la publication de la liste pour en contester le contenu auprès du président du tribunal judiciaire.

Plan d’apurement provisoire

L'administrateur provisoire va d’abord élaborer un plan d’apurement provisoire.

Ce document comprend l'échéancier global et l'échéancier détaillé relatif au créancier concerné.

Il est notifié à chacun des créanciers par lettre recommandée avec avis de réception ou par lettre remise contre émargement. Ils ont 2 mois à partir de cette notification pour présenter leurs observations à l’administrateur provisoire.

Plan d’apurement définitif

L’administrateur provisoire dépose ensuite le plan d'apurement définitif (échéancier définitif du règlement des dettes) au greffe du tribunal judiciaire pour qu'il soit homologué par le juge.

Ce plan doit présenter les informations suivantes :

  • État des dettes (crĂ©ances dĂ©clarĂ©es et crĂ©ances non recouvrables)
  • TrĂ©sorerie prĂ©visionnelle du syndicat sur la durĂ©e du plan (dont les dĂ©penses nĂ©cessaires Ă  la prĂ©servation de l'immeuble et Ă©ventuellement Ă  la rĂ©duction des charges et au respect du plan)
  • ÉchĂ©ancier des appels de fonds auprès des copropriĂ©taires
  • ÉchĂ©anciers dĂ©taillĂ©s par crĂ©ancier.

Certains documents doivent notamment être joints en annexe :

  • Liste des travaux nĂ©cessaires au redressement financier de la copropriĂ©tĂ© et Ă  la prĂ©servation de l'immeuble
  • Liste indicative des mesures de gestion et des procĂ©dures amiables ou contentieuses envisagĂ©es
  • Observations du conseil syndical et des crĂ©anciers
  • État dĂ©taillĂ© des impayĂ©s des copropriĂ©taires
  • Inventaire des biens susceptibles d'ĂŞtre vendus
  • Projet de convention d'administration provisoire renforcĂ©e si elle existe.

Le plan d'apurement définitif remis au juge ne peut pas dépasser 5 ans.

Le plan d'apurement définitif doit être notifié à tous les créanciers, au conseil syndical et à chaque copropriétaire par lettre recommandée avec avis de réception, remise contre émargement ou voie électronique.

Les créanciers disposent d'un délai de 2 mois à partir de cette notification pour saisir le juge d'une contestation.

En l’absence de contestation dans ce délai, le juge homologue le plan à la demande de l'administrateur provisoire. L'ordonnance d'homologation est notifiée aux créanciers et au conseil syndical avec le plan d'apurement définitif.

Le plan d'apurement est mis en œuvre par le syndic à l'issue de la mission de l'administrateur provisoire.

Si la situation financière de la copropriété ne permet pas de réaliser les travaux nécessaires à la conservation, à la mise en sécurité de l'immeuble, à la protection des occupants et à la préservation de leur santé ou la réduction des charges de copropriété malgré la présence d’un administrateur provisoire, le juge peut placer l'immeuble sous administration provisoire renforcée.

La demande de placement sous administration provisoire renforcée peut être demandée par une des personnes suivantes :

  • Maire de la commune du lieu de situation de l'immeuble
  • PrĂ©sident de l'EPCI compĂ©tent en matière d'habitat
  • PrĂ©fet
  • Ou l’administrateur provisoire dĂ©jĂ  dĂ©signĂ©.

L'auteur de la demande doit établir un dossier précisant les raisons pour lesquelles il est demandé le placement sous administration provisoire renforcée ainsi que les aides et mesures d'accompagnement publiques mobilisées pour assurer la réussite de la procédure.

Dans le cadre du placement sous administration provisoire renforcée, le juge autorise l'administrateur provisoire à conclure une convention à durée déterminée, au nom du syndicat des copropriétaires, avec un ou plusieurs opérateurs compétents en matière de maîtrise d'ouvrage de travaux et de mise au point de financement d'opération de travaux.

La décision du juge est notifiée aux personnes suivantes :

  • Parties intĂ©ressĂ©es
  • Maire de la commune
  • PrĂ©sident de l'EPCI
  • PrĂ©fet.

La convention avec l'opérateur prévoit notamment les points suivants :

  • Liste des Ă©tudes juridiques, financières et techniques nĂ©cessaires pour dĂ©finir le contenu des travaux et effectuer les choix techniques en rĂ©sultant
  • Calendrier prĂ©visionnel des Ă©tudes, du choix des prestataires et des travaux
  • Nature des travaux envisagĂ©s
  • Enveloppe financière prĂ©visionnelle associĂ©e.

Le juge homologue la convention conclue entre l'opérateur et l'administrateur provisoire.

L'exécution de la convention peut se poursuivre même si la mission de l'administrateur provisoire est terminée.

La convention prend fin à l'expiration du terme qu'elle s'est fixée.

💡 À noter

Le maire de la commune ou le président de l'EPCI peuvent engager à tout moment la procédure permettant de déclarer l'état de carence de la copropriété. La conclusion de la convention est alors suspendue dans l'attente de la décision du juge, mais la mission de l'administrateur provisoire se poursuit.

Textes de référence

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